CÔTE D’IVOIRE, CAMEROUN, MÊME SIMULACRE ÉLECTORAL ?

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BIYA+OUATARA 175 ANS © Malick MBOW

 

Portrait d'Alassane OUATTARA © Malick MBOW
Portrait d’Alassane OUATTARA © Malick MBOW
Paul BIYA © Malick MBOW
Paul BIYA © Malick MBOW

 

 

En écartant systématiquement leurs adversaires majeurs, Ouattara et Biya ont transformé l’élection en couronnement programmé. Entre stabilité économique ivoirienne et usure du pouvoir camerounais, François Soudan décrypte deux victoires sans gloire

Publication 01/11/2025

 

Selon une analyse de Jeune Afrique présentée par son directeur de la rédaction François Soudan, les scrutins présidentiels de 2025 en Côte d’Ivoire et au Cameroun ont confirmé un constat partagé par de nombreux observateurs : l’exclusion des principaux opposants a transformé ces élections en compétitions sans réelle concurrence, consolidant ainsi la domination des chefs d’État en place.

En Côte d’Ivoire, explique François Soudan, le président Alassane Ouattara s’est engagé dans une élection marquée par la stabilité politique et économique du pays. Grâce à une gestion transparente de l’élection et l’absence de figures majeures de l’opposition comme Tidjane Thiam, l’issue du vote n’a jamais été incertaine. L’alternance démocratique était selon lui impossible dans ce contexte, une réalité acceptée par les prétendants à la magistrature suprême.

Du côté camerounais, poursuit Jeune Afrique, la situation est similaire mais s’inscrit dans une dynamique plus contestée. Paul Biya, en poste depuis plus de quatre décennies, demeure le centre d’un pouvoir éprouvé par l’usure et confronté à une contestation inédite. L’exclusion de Maurice Kamto du processus électoral et la persistance de violences post-électorales ont fragilisé la légitimité du scrutin, tandis que le président, âgé et controversé, cristallise à la fois le rejet et la résignation des citoyens.

Toujours selon l’analyse de François Soudan pour Jeune Afrique, si les deux élections révèlent des points communs – vote communautaire, tension autour du résultat, absence de suspense démocratique –, des différences subsistent. La Côte d’Ivoire présente des indicateurs économiques plus élevés et un climat social résolument plus dynamique que le Cameroun, où la longévité du président Biya suscite désormais de profondes interrogations sur l’après-élection et l’avenir du pays.

En Côte d’Ivoire, la question du successeur d’Ouattara et de la faible participation dans les bastions de l’opposition vont orienter le débat politique des mois à venir. Au Cameroun, le pays reste suspendu à un bras de fer entre le président et ses opposants, sur fond de fractures régionales et de tensions alimentées par le maintien de Biya au pouvoir.

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