



Par Malick MBOW
À l’approche de son audition cruciale devant l’Assemblée générale des Nations Unies, l’ancien président sénégalais Macky Sall se positionne comme l’un des favoris pour succéder à António Guterres. Retour sur un parcours, un bilan et une candidature qui ne laissent personne indifférent.
Un héritage sénégalais en demi-teinte
Avant de prétendre au sommet de la diplomatie mondiale, Macky Sall laisse derrière lui un Sénégal transformé mais politiquement fracturé. Son bilan (2012-2024) est celui des grands chantiers : le Train Express Régional (TER), le BRT et l’aéroport de Diass ont modernisé le visage du pays. Sur le plan macroéconomique, sa gestion a longtemps été saluée par les institutions internationales.
Cependant, l’ombre au tableau reste sa fin de mandat. Les tensions avec l’opposition, les rapports de la Cour des comptes sur les fonds COVID restés sans suite et les épisodes de répression entre 2021 et 2024 alimentent encore aujourd’hui les critiques de la société civile, constituant un défi de crédibilité pour son image de « champion de la démocratie ».
Les atouts d’un « leader du Sud Global »
Malgré ces contestations internes, le profil de Macky Sall séduit à l’international. Ses partisans mettent en avant trois piliers majeurs :
- Une expérience d’État totale : Rare sont les candidats ayant gravi tous les échelons, de ministre à chef d’État.
- Un leadership panafricain affirmé : Sa présidence de l’Union Africaine a marqué les esprits, notamment par son combat pour l’intégration de l’UA au G20 et sa médiation dans la crise ukrainienne.
- Une expertise technique : Sa transition vers la présidence du Centre mondial sur l’adaptation (GCA) après son départ du pouvoir renforce son statut d’expert sur le climat et le financement du développement.
Le « Grand Oral » : Un tournant décisif
Officiellement portée par le Burundi au nom de l’Union Africaine, la candidature de Macky Sall entre dans sa phase critique. Ce mercredi 22 avril 2026, il passera son audition de moralité et de vision devant les États membres à New York.
Si les sondages le placent en tête avec plus de 38 % des intentions de vote devant Michelle Bachelet, le chemin reste semé d’embûches. Il devra non seulement rassurer sur son bilan en matière de droits de l’homme, mais aussi naviguer dans un contexte où de nombreuses voix réclament, pour la première fois en 80 ans, une femme à la tête de l’organisation.
Le verdict du Conseil de Sécurité
L’élection finale dépendra du jeu subtil des grandes puissances. Sans le veto de l’un des membres permanents (P5) et avec le soutien d’au moins 9 membres du Conseil de sécurité, Macky Sall pourrait devenir le deuxième Secrétaire général originaire d’Afrique de l’Ouest, après Kofi Annan.
Reste une inconnue de taille : le silence diplomatique de Dakar. Le gouvernement sénégalais actuel ne l’ayant pas officiellement soutenu, Macky Sall joue sa partition en leader indépendant, comptant sur son réseau international pour transformer l’essai.
Note de la rédaction : L’audition de ce 22 avril sera déterminante pour savoir si l’ancien président sénégalais parviendra à transformer sa stature de bâtisseur national en celle de premier diplomate de la planète.





