

Cependant, ces explications sont rejetées par la veuve de l’ancien président burkinabè. Devant le micro de Rfi, Mariam Sankara n’a pas raté l’ancien collaborateur de son mari, Blaise Compaoré, qu’elle accuse de lui avoir arraché son mari. « Pour avoir été responsable, il devrait assumer ses actes parce que fuir ne règle pas le problème. Il faut qu’il ait le courage d’assumer ses actes et réponde à la justice burkinabè. C’est vraiment dommage qu’il soit dans cet état d’esprit de ne pas vouloir répondre à la justice. Tout laisse croire que ne pas répondre, changer de nationalité, essayer de se dérober, ce n’est pas courageux. Alors qu’il a réussi à mettre en place ces juridictions en place. Il n’a pas le courage de faire face à la juridiction de son pays », dénonce-t-elle.
Blaise Compaoré ne sera pas seul à ne pas comparaître au procès de l’assassinat de Thomas Sankara. Le chef du commando, M. Hyacinthe Kafando, toujours en fuite, ne figurera pas dans le box des accusés. Par contre le général Gilbert Diendéré, qui dirigea les opérations, ainsi que M. Jean-Pierre Palm, alors chef d’état-major de la gendarmerie, seront eux, bien présents, avec onze autres prévenus. Le président Compaoré se réfugie en Côte d’Ivoire depuis 2014 après l’insurrection populaire d’octobre 2014.
L’audience de la chambre de première instance du tribunal militaire a été délocalisée dans la salle des banquets de Ouaga 2000 pour le procès du président Thomas Sankara et de ses 12 compagnons, lundi 11 octobre 2021.
Pour rappel, le président Thomas Sankara a dirigé les destinées du Burkina Faso de 1983 à 1987. Il a opté pour une gouvernance basée sur le nationalisme avec un développement économique autocentré, lutté drastiquement contre la corruption, soutenu l’éducation pour tous et la libération des femmes. Il avait une autre vision des institutions financières internationales. Sankara a toujours dénoncé la dette de l’Afrique vis-à-vis de ces institutions et leur diktat en juillet 1987 à la tribune de l’organisation de l’unité africaine (OUA) qui a donné naissance à l’union africaine (UA). Il avait une autre vision de l’Afrique, différente de celle prônée par l’Occident



