Emmanuel Coste architecte spécialiste de construction

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Emmanuel COSTE

Emmanuel COSTE Architecte©Malick MBOW

« Je ne construis pas seulement des espaces. Je crée des conditions d’émergence pour le vivant. »

 Emmanuel Coste architecte spécialiste de construction

Emmanuel Coste est un architecte français DPLG (diplômé par le gouvernement), né en 1990 de l’École d’architecture du Languedoc-Roussillon, reconnu pour sa démarche pionnière en architecture écologique, bioclimatique et innovante.

Parcours et Agences

  • Coste Architectures : Il a fondé l’antenne parisienne/région parisienne (Houdan) en 1997, prenant le relais de l’agence familiale fondée en 1984 par son père François Coste à Montpellier.
  • EAULISTIC® : Il est co-fondateur de cette structure spécialisée dans la conception d’écosystèmes aquatiques régénératifs et de piscines écologiques.

Spécialités et Innovations

  • Centres aquatiques et piscines écologiques : Il est l’un des spécialistes mondiaux des équipements aquatiques (plus de 120 projets), concevant des bassins sans chlore à traitement bio-minéral (comme à Montreuil ou Saint-Nazaire, récompensé par un BIM d’Or en 2014).
  • Construction bioclimatique et low-tech : Il conçoit des habitats économes ou sans chauffage, à l’image de la célèbre « Bonne Maison » de Yann Arthus-Bertrand.
  • Innovation technologique et hors-site : Il s’investit dans la construction hors-site, la conception neutre en énergie (passive) et l’impression 3D appliquée au logement (comme les maisons imprimées en 3D avec Plurial Novilia à Reims).

Emmanuel Coste perçoit la construction hors-site et les matériaux durables non pas comme de simples contraintes techniques ou économiques, mais comme un véritable antidote humaniste et écologique pour l’avenir de l’architecture.

Voici les piliers fondamentaux de sa vision :

  1. Une approche « bio-inspirée » du hors-site

Pour Emmanuel Coste, la maturité des processus industriels du hors-site doit impérativement servir le vivant.

  • Lutter contre la standardisation : Il met en garde contre les dérives d’une industrialisation rigide qui standardiserait les paysages urbains. Il prône une approche « bio-inspirée » où la technique s’efforce de créer des espaces sensibles et adaptés à l’échelle humaine.
  • Le paramétrique au service du modulaire : Influencé par des pratiques internationales (comme celles de l’agence BIG), il s’intéresse aux conceptions paramétriques. Celles-ci permettent de jouer sur la « granulométrie » et la modularité des éléments afin d’apporter de la richesse architecturale et de la diversité esthétique au hors-site.
  • Une transition bas-carbone inévitable : Il considère le déploiement du hors-site comme une piste économique et bas-carbone majeure que les architectes doivent s’approprier pour en dessiner les contours qualitatifs.
  1. Le choix des matériaux : Au-delà du « 100 % bois »

Bien que la construction hors-site repose massivement sur la filière bois, Emmanuel Coste défend une vision de mixité des matériaux et soutient l’innovation industrielle :

  • Anoblir et réinventer le béton : Il affirme que le « 100 % bois » n’est pas l’unique solution pour tous les projets. Il collabore notamment avec des acteurs industriels comme Muance, dont il salue la démarche consistant à réutiliser le béton dans un processus industriel vertueux (planchers alvéolés réduisant la quantité de matière, d’agrégats et de polluants par rapport au béton coulé traditionnel).
  • L’impression 3D : À travers des projets précurseurs menés avec Maisons France Confort (Maison Yrys) ou le bailleur social Plurial Novilia, il intègre les technologies de murs imprimés en 3D comme un prolongement logique de la préfabrication avancée.
  1. Matériaux durables et ancrage local

Sa vision des matériaux s’articule de plus en plus autour de la sobriété et des ressources territoriales :

  • Biosourcés, géosourcés et réemploi : Au sein de Coste Architectures, il privilégie l’intégration de matériaux biosourcés et la valorisation du réemploi.
  • Architecture organique : Ses conceptions cherchent à composer avec les éléments naturels — l’eau, l’air, la lumière et le végétal — pour créer des bâtiments durables qui s’intègrent parfaitement dans leur environnement et préservent les équilibres naturels locaux.

La Maison Canopée, construite en 2010 à Montfort-l’Amaury (Yvelines), est la propre résidence d’Emmanuel Coste. Conçue comme un véritable laboratoire expérimental grandeur nature, cette habitation de 250 m² démontre qu’une maison familiale peut offrir un confort thermique absolu tout en se passant entièrement de système de chauffage traditionnel, pour un coût de fonctionnement dérisoire (environ 15 € d’électricité par mois).

🛠️ Les caractéristiques et détails techniques

L’absence de chauffage repose sur l’équilibre parfait entre une enveloppe ultra-performante (approche passive) et une gestion intelligente des apports naturels (approche bioclimatique) :

  1. Orientation bioclimatique et inertie
  • Plein Sud : La pièce de vie principale s’ouvre largement au sud via de grandes baies vitrées pour capter un maximum d’énergie et de lumière solaire en hiver.
  • Casquettes solaires et végétation : En été, des débords de toit calculés (brise-soleil) et la canopée des arbres environnants bloquent les rayons verticaux du soleil pour éviter la surchauffe. Résultat : par 35 °C extérieur, la maison maintient naturellement 24 °C à l’intérieur.
  • Matériaux intérieurs lourds : Les finitions intérieures intègrent de la pierre et de la terre crue. Ces matériaux denses capturent les calories superflues la journée pour les restituer lentement la nuit (inertie thermique).
  1. Une enveloppe passive étanche et isolée
  • Structure bois & Isolation par l’extérieur : L’ossature en bois massif reçoit une isolation renforcée posée exclusivement par l’extérieur afin de supprimer totalement les ponts thermiques.
  • Triple vitrage : Toutes les fenêtres sont équipées de triple vitrage haute performance pour minimiser les déperditions de chaleur.
  • Étanchéité à l’air extrême : La perméabilité à l’air répond aux exigences très strictes des normes de la construction passive.
  1. Ventilation et autonomie énergétique
  • VMC double flux et puits canadien : L’air neuf extérieur passe d’abord sous terre (puits canadien) pour se préchauffer en hiver ou se rafraîchir en été, avant d’être insufflé dans la maison via une centrale double flux qui récupère les calories de l’air sortant.
  • Énergie positive (BEPOS) : La toiture intègre des panneaux solaires photovoltaïques (pour l’électricité) et des panneaux thermiques (pour l’eau chaude sanitaire). La maison produit plus d’énergie qu’elle n’en consomme.
  • Sécurité hivernale : Un simple petit poêle à bois rotatif sert d’appoint pour les quelques journées d’hiver les plus rigoureuses de l’année.
  1. Gestion vertueuse de l’eau
  • Recyclage des eaux grises : La maison intègre un système innovant où les eaux issues des douches et des lavabos sont filtrées et traitées par ultraviolets (UV) afin d’alimenter les chasses d’eau des toilettes et le lave-linge.
  • Récupération des eaux de pluie : Stockée pour le jardin, la parcelle s’accompagne également d’un couloir de nage biologique sans aucun traitement chimique.

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