Le New York Times salue Cheikh Hamidou Kane, « père fondateur » de la littérature africaine Le quotidien américain consacre un long hommage à l’écrivain sénégalais mort dimanche à Dakar, à 98 ans. Il y est décrit comme un écrivain ayant saisi avec subtilité le choc de la colonisation

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Le New York Times salue Cheikh Hamidou Kane, « père fondateur » de la littérature africaine
Le quotidien américain consacre un long hommage à l’écrivain sénégalais mort dimanche à Dakar, à 98 ans. Il y est décrit comme un écrivain ayant saisi avec subtilité le choc de la colonisation
Portrait de Cheikh Hamidou KANE © Malick MBOW
Portrait de Cheikh Hamidou KANE © Malick MBOW

(SenePlus) – Malgré deux romans seulement, Cheikh Hamidou Kane a atteint, écrit le New York Times, le statut de « voyant » panafricain. Le journal le range parmi les pères fondateurs de la littérature africaine, pour avoir saisi avec subtilité le choc de la colonisation du point de vue des peuples du continent.

Publié en 1961, ce roman s’attache, selon Adam Nossiter, au traumatisme psychologique de la colonisation, surtout chez les élites colonisées. Son héros, Samba Diallo, jeune homme épris de savoir et attaché à sa foi musulmane, est écartelé entre deux civilisations. Contrairement à « Things Fall Apart » de Chinua Achebe, publié trois ans plus tôt, le livre traite du tourment intérieur plutôt que de la désintégration sociale.

Le quotidien relève un paradoxe : l’ouvrage n’a reçu que peu d’attention aux États-Unis et n’a jamais été chroniqué par le New York Times lui-même, alors qu’il est considéré depuis longtemps comme fondateur en Afrique francophone. Il a reçu le Grand prix littéraire de l’Afrique noire en 1962. Dans un portrait de 1996 cité par Adam Nossiter, le journaliste du Monde Éric Fottorino indiquait qu’il s’était vendu à 100 000 exemplaires dans le monde.

Cheikh Hamidou Kane a étudié dans les écoles du colonisateur, au Sénégal puis à Paris, où il a obtenu des diplômes de droit et de philosophie à la Sorbonne. Gouverneur d’une région proche de Dakar peu après 1958, il s’est identifié à son héros. « J’ai dû me battre pour accéder à un monde que j’admirais mais qui ne voulait pas de moi », confiait-il au Monde en 2018, rappelle le New York Times.

Après l’indépendance, il a pris le parti du Premier ministre Mamadou Dia contre le président Léopold Sédar Senghor, a quitté le Sénégal en 1962 et travaillé pour l’ONU, puis au Canada. De retour en 1976, il a été ministre du Développement industriel sous Senghor, puis ministre du Plan de 1981 à 1988 sous Abdou Diouf.

Son second roman, paru en 1995, n’a pas connu la même célébrité. Le poète Aimé Césaire l’avait dissuadé de le publier en 1965, de peur qu’il serve « d’arme contre le Sénégal », a-t-il expliqué au Monde en 1996, toujours d’après le quotidien new-yorkais.

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