
CONTRIBUTION : Le Sénégal avant tout : Le temps de la clarification ou l’exigence d’une autorité présidentielle assumée
Par Malick Mbow, Architecte
Le Sénégal traverse aujourd’hui une phase charnière de son histoire politique. Le « tandem » entre le Président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko, autrefois symbole d’espoir et d’unité, est désormais mis à l’épreuve des réalités du pouvoir. Si cette collaboration est aujourd’hui source de tensions, il convient de reconnaître que chacun des deux hommes incarne, à sa manière, un intérêt vital pour le Sénégal.
Deux légitimités, un seul pays
D’un côté, Ousmane Sonko incarne l’éveil d’une conscience patriotique et l’aspiration à une souveraineté assumée. Son intérêt pour le Sénégal réside dans sa capacité à mobiliser les énergies, à bousculer les anciens paradigmes et à porter un projet de transformation sociale profonde. Il reste l’âme politique d’un mouvement qui a redonné espoir à des millions de citoyens.
De l’autre, Bassirou Diomaye Faye incarne l’intérêt institutionnel et la stabilité de l’État. En tant que Président de la République, il est le garant de l’unité nationale, l’interlocuteur des partenaires internationaux et le protecteur des institutions. Sa mission est de transformer les aspirations politiques en politiques publiques concrètes, dans le respect de l’ordre républicain.
La nécessité d’une reconnaissance mutuelle
L’intérêt du Sénégal commande que chacun reconnaisse la légitimité de l’autre. Cependant, l’exercice du pouvoir n’est pas un jeu de rôles partagés. Si cette reconnaissance mutuelle ne parvient pas à instaurer une harmonie fonctionnelle, l’issue sera inévitablement la séparation pour l’intérêt du pays. Car au-delà des hommes, c’est la marche de la Nation qui est en jeu. Un État ne peut fonctionner avec deux têtes pensantes si elles ne regardent pas dans la même direction.
Le Président, seul gardien de la Constitution
Dans ce moment de doute, le Président doit prendre ses responsabilités. Ayant reçu l’aval du peuple sénégalais par le suffrage universel majoritaire, il est le seul détenteur de la légitimité suprême. La Constitution, notre boussole commune, ne reconnaît qu’un seul chef de l’exécutif. Pour l’intérêt du pays, le Président Faye doit s’affirmer comme le garant de la continuité de l’État.
Le Sénégal au-dessus des fractions
Certains craignent de froisser la jeunesse, soutien historique du projet. Mais il faut le dire avec force : le Sénégal passe avant les jeunes, et ceux-ci sont confondus dans la masse souveraine du peuple. Gouverner pour l’intérêt général, c’est parfois prendre des décisions difficiles pour préserver la stabilité nationale au-delà des émotions du moment.
Conclusion : La maturité ou la rupture
L’intérêt du Sénégal réside aujourd’hui dans la clarté. Soit le tandem se réinvente par une reconnaissance sincère des rôles de chacun, soit il s’efface pour laisser place à une autorité présidentielle pleinement assumée. Dans tous les cas, le respect des institutions doit primer. Car si les leaders passent, l’architecture du Sénégal, elle, doit demeurer forte, unie et stable.



