La soirée s’est tenue sous la présidence de Son Excellence Mme Christine Fages, Ambassadrice de France au Sénégal, qui a prononcé l’allocution d’ouverture. La diplomate a salué « un moment majeur » pour la danse contemporaine sur le continent, inscrivant l’événement dans le prolongement de la Biennale clôturée le 3 mai à l’École des Sables, à Toubab Dialaw. Elle a mis en avant « une énergie formidable » portée par un public toujours plus nombreux et engagé.
Tourné sur plusieurs années, le film retrace le parcours exceptionnel de Germaine Acogny, considérée comme la « mère de la danse contemporaine africaine ». De ses débuts aux côtés de Maurice Béjart à son ancrage au Sénégal sous l’impulsion de Léopold Sédar Senghor, le documentaire tisse un récit où se mêlent héritage, création et engagement.
La réalisatrice, Greta-Marie Becker, a expliqué avoir voulu capter « un équilibre entre passé, présent et futur », en intégrant notamment les jeunes générations formées à l’École des Sables. « On ne peut pas résumer plus de cinquante ans de création en un seul film, mais on peut en saisir l’essence », a-t-elle confié.
Fruit d’une collaboration sénégalo-germano-française, le projet est né d’une rencontre en 2020, en pleine pandémie de Covid-19. Une relation de confiance s’est progressivement construite entre la cinéaste et l’artiste, jusqu’à donner naissance à ce portrait intime et inspirant.
Très émue, Germaine Acogny a exprimé sa joie de voir son histoire racontée devant le public sénégalais. « Je veux que les gens comprennent qu’il faut de la patience et de la persévérance », a-t-elle lancé.
Parmi les réactions, Gassira Diagne, présidente de l’association Kaay Fecc, a salué « un film très émouvant », qui retrace les différentes étapes de la vie de l’artiste. « On découvre une femme, une pionnière, une bâtisseuse. L’École des Sables apparaît comme un lieu mythique qui a formé des générations entières de danseurs », a-t-elle souligné.
Le documentaire révèle également les multiples facettes de Germaine Acogny : artiste, pédagogue, femme engagée, renforçant la portée universelle de son parcours.
Avec cette avant-première, Dakar referme une séquence culturelle marquée par la tenue de la Biennale et la présence de grandes figures de la danse africaine, telles que Irène Tassembédo.
Au-delà de l’hommage, « Germaine Acogny, l’essence de la danse » s’impose comme un film de transmission, rappelant que la danse est à la fois mémoire, langage et projection vers l’avenir.




