Le Sénégal reste ferme face au FMI

0
142
Portrait d'Aminata TOURÉ © Malick MBOW
Portrait d’Aminata TOURÉ © Malick MBOW

Dans les négociations tendues avec le Fonds, le pays ne cèdera rien sur l’essentiel. C’est le message de fermeté délivré par Mimi Touré, Haute Représentante du président, qui assure à Reuters que Dakar défendra ses intérêts nationaux avant tout accord

(SenePlus) – Le Sénégal poursuit ses discussions avec le Fonds monétaire international (FMI) pour un nouveau programme de financement, mais entend défendre fermement ses intérêts nationaux, a déclaré mercredi Aminata Touré, haute conseillère du président Bassirou Diomaye Faye à l’agence Reuters.

Mimi Touré, Haute Représentante du président a affirmé que le pays négociait « en gardant à l’esprit ses meilleurs intérêts et ceux de son peuple », rapporte la journaliste Portia Crowe dans une dépêche publiée ce 18 février 2026.

Face à un endettement qui a atteint 132% du produit intérieur brut fin 2024 selon les chiffres du FMI, Dakar refuse néanmoins de plier sur certaines exigences de l’institution financière internationale. « Le Sénégal est disposé à avoir un accord, mais en même temps, le Sénégal est très ferme dans la défense de ses propres intérêts », a déclaré Aminata Touré à Reuters, précisant que « les discussions se poursuivent ; elles ne sont pas bloquées ».

Cette explosion de la dette fait suite à la découverte par la nouvelle administration de milliards de dollars d’emprunts dissimulés par le régime précédent. Le FMI avait alors gelé un programme de prêt de 1,8 milliard de dollars, et les deux parties négocient depuis des mois pour le remplacer.

Malgré les tensions, Aminata Touré s’est voulue rassurante sur la capacité du Sénégal à honorer ses engagements financiers. « Jusqu’à présent, nous n’avons pas fait défaut, et nous n’avons nullement l’intention de faire défaut », a-t-elle affirmé, selon Reuters.

Le pays doit rembourser plus de 480 millions de dollars aux détenteurs d’eurobonds le mois prochain et s’attend à effectuer ces paiements dans les délais. « Parfois, il faut se concentrer sur les priorités ; cela ne signifie pas que vous ne vous intéressez pas au reste », a-t-elle expliqué.

Sur la question sensible d’une éventuelle restructuration de la dette, proposée par le FMI selon les déclarations du Premier ministre en novembre dernier, Aminata Touré reste prudente. « La restructuration de la dette est une question très complexe », a-t-elle déclaré à Reuters, ajoutant que « certaines décisions peuvent avoir des impacts à long terme, y compris parfois bloquer vos perspectives de croissance ».

Le gel du programme avec le FMI a également entravé la signature d’accords avec d’autres bailleurs de fonds, mais le pays demeure « engagé envers tous ses engagements de paiement », a assuré l’ancienne Première ministre.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici