DIOMAYE TROP COMPLICE DE MACRON, SELON JUAN BRANCO

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Juan Branco©Malick MBOW

L’avocat français dénonce la « complaisance symbolique » affichée envers le président français et décrit un FMI instrumentalisé par Paris, au moment où le tandem Sonko–Diomaye peine, selon lui, à concrétiser la promesse de rupture

Publication 09/12/2025

Juan Branco, invité de l’émission « Décrypter l’Afrique » sur Vox Africa, met en cause la trajectoire actuelle du pouvoir sénégalais en estimant qu’Ousmane Sonko reste le principal détenteur de la légitimité politique dans le pays et que la rupture annoncée n’a pas encore été assumée face au FMI et à la France.

L’avocat affirme qu’Ousmane Sonko est, selon lui, le « représentant légitime du peuple sénégalais », rappelant qu’il a déjà démontré son poids électoral, notamment lors des législatives où il a conquis la quasi‑totalité des sièges auxquels il se présentait. Il met en garde contre toute tentative de « prise d’otage institutionnelle » qui consisterait à utiliser la fonction présidentielle pour construire un rapport de force contre Sonko, qu’il considère au cœur du mandat de rupture promis aux Sénégalais.

Juan Branco estime que le président Bassirou Diomaye Faye « doit clarifier » ses orientations, notamment ses déplacements à Paris, sa participation à des forums économiques et l’accueil réservé à certaines figures de la sous‑région, qu’il assimile à une mise en scène de la Françafrique « à l’ancienne ». Il juge incompréhensible, pour une partie de la base militante de Pastef, cette proximité symbolique avec Emmanuel Macron, alors même que Paris a soutenu Macky Sall dans la répression des mobilisations de 2021–2023 et dans les poursuites contre Sonko et ses alliés.

Sur le volet économique, l’avocat décrit une « crise financière » couvant au sommet de l’État sénégalais et accuse la France d’utiliser son poids au sein du FMI pour bloquer un accord permettant au Sénégal de « relancer la machine » tant que le pouvoir ne prendrait pas ses distances avec Sonko. Il évoque l’existence de pressions exercées via les administrateurs français au FMI, parlant d’« instrumentalisation » de l’institution financière pour peser sur les équilibres politiques internes à Dakar.

Branco déplore l’absence de « purge » des forces de sécurité et de l’appareil judiciaire, estimant que les structures qui ont encadré la répression sous Macky Sall restent largement en place et pourraient reproduire les mêmes schémas de violence en cas de nouvelle crise politique. Selon lui, si la promesse de lutte contre l’impunité n’est pas tenue et si la relation avec le FMI et la France n’est pas renégociée de manière transparente devant l’opinion, le pays risque une montée des tensions comparable aux secousses qui ont précédé la chute du projet de troisième mandat.

Tout en disant ne pas vouloir se substituer aux choix souverains des Sénégalais, Juan Branco souligne que « tous les instruments » existent entre les mains de Sonko et de Diomaye pour réorienter le système, y compris par des réformes institutionnelles renforçant le pouvoir du Premier ministre ou du Parlement. Il affirme que les sacrifices consentis par les militants et les victimes de la répression imposent, en retour, une cohérence entre le discours de rupture porté par le tandem Sonko–Diomaye et la gestion des rapports avec la France, le FMI et les élites économiques locales.

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