De Kaolack à Thiès, en passant par les foyers omariens, cette célébration de la naissance du Prophète mobilise toute la communauté musulmane autour de figures emblématiques qui ont façonné l’islam sénégalais

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Serigne Elhdji Ibrahima Niasse© Malick MBOW

Omar DIAW  |   Publication 04/09/2025

A l’instar de Tivaouane, l’emblématique cité de la confrérie tidjane, le Gamou aura un écho tout aussi grand dans les autres foyers majeurs de la communauté musulmane. En prélude au Gamou, Sud quotidien revient sur quelques figures religieuses et grands foyers religieux qui ont largement contribué à la promotion du Gamou, à la propagation de l’Islam et notamment du soufisme au Sénégal.

El Hadji Abdoulaye Niasse et el Hadji Ibrahima Niass, les figures de proue

Comme à l’accoutumée, le Gamou sera célébré comme à Médina Baye de Kaolack par les disciples de El Hadji Ibrahima Niasse. Jouissant d’une grande influence nationale et internationale pour avoir su fédérer, par l’initiation au Wird (ordre) Tidiane différentes nations et peuples de la sous-région en Gambie, en Mauritanie, au Nigeria où il compte plus de soixante millions de disciples, au Niger, au Ghana, au Mali, au Sierra Léone etc. Mais au-delà, c’est toute la famille Abdoulaye Niasse. né vers 1844 à Beli, dans le Djolof et fondateur de la famille religieuse des Niasséne et père de Cheikhal Islam Baye.

En 1865, son père émigre dans le Rip pour fonder le village de Niassènne. Il l’y rejoint trois ans plus tard et fonde à son tour le village de Taïba en 1868. En 1880, il rompit avec la lutte armée pour se retirer dans son village de Taïba où il se consacre à l’enseignement et à l’agriculture. Dès 1890, il s’était rendu à La Mecque en passant par Fez où il noue des contacts avec la zawiya-mère de la Tidianya et à Alexandrie où il aurait reçu un diplôme attestant de son érudition islamique. En 1910, grâce aux bons offices de son ami El Hadji Malick Sy, l’administration l’autorise s’installer à Kaolack.

A sa mort, le 9 juillet 1922, il lègue à ses successeurs une communauté. Mohammad Khalifa son fils prend en charge la communauté des « Niassènes » et Ibrahima Niass enseigne dans les écoles coraniques de son père de Taïba, Kossi et Kaolack. Né à Taïba-Niassène en octobre 1900 et mort à Londres le 26 juillet 1975, Cheikhal Islam Ibrahima communément appelé, Baye. Les relations suivies de son père avec les lettrés du Sénégal et de la Mauritanie et l’Afrique du nord avaient fait de la maison paternelle un endroit privilégié d’étude des sciences religieuses également cultivent un goût prononcé pour le mysticisme musulman ou soufisme.

L’empreinte de Thierno Seydou Nourou et de Mountaga Tall

Si le Gamou a pris une grande envergure dans la « Khadara » de El Hadj Omar Tall, il le doit à deux de ses figures emblématiques.

F ils de Nourou Tall et d’Aïssata Kamissoko, Thierno Seydou Nourou Tall, la biographie de la famille omarienne fixe sa naissance à l’année 1864. Selon le site Al Houda, son père Nourou participa au Jihad contre le Kaarta et fut nommé gouverneur du Jafunu. Sa mère est la fille du roi de Gadugu, originaire du cercle de Kita (Mali actuel). Il a étudié en divers endroits notamment à Bioro auprès d’Amadou Bakhounambé, à Bandiagara auprès de Cheikh Mamadou, à Ségou auprès de Thierno Amidou, à Kita auprès de Mouhammad al Olal, à Kayes auprès de Mouhammad al Muqtar, à Médina Khasso auprès d’Amadou Ciré, de Thierno Ahmad Kane et d’Amadou Diallo.

Après avoir suivi l’enseignement des tous ces maîtres, il poursuivit néanmoins sa quête du savoir qui l’amena dans le Sud de la Mauritanie, à Boghé auprès d’Amadou Moukhtar Sakho (1867- 1934) qui l’initia au droit islamique notamment. Seydou Nourou était désigné pour prendre la direction de l’école où il excellait parmi ses condisciples. Toute sa vie durant il restait profondément attacher au vénéré El Hadji Hadji Malick Sy dont il sera à la fois disciple, homme de confiance et gendre. Les relations entre les deux hommes remontent au début du siècle dernier et même au temps d’El Hadji Omar.

C’est en effet El Hadji Omar qui a initié l’oncle d’El Hadji Malick Sy, Alpha Mayoro Wellé, au « wird » (un des attributs de la pratique religieuse chez les tidjanes). Thierno Seydou s’illustra comme un compagnon de Serigne Babacar Sy et de Serigne Abdoul Aziz Sy qui se sont succédé au Khalifat. Il entretenait de bonnes relations avec l’administration coloniale. Les différents ministres de la France d’outre-mer, les gouverneurs de l’AOF (Afrique Occidentale Française) et plus tard les hommes politiques sénégalais l’appelaient en consultation.

En 1930, il fut décoré de la légion d’honneur. Les pouvoirs politiques contribuèrent à rehausser le prestige de Seydou Nourou et lui permit de redynamiser les fidèles de la famille omarienne. «L’influence de Seydou Nourou Tall s’étend à tous les fidèles de la tidjanya d’El Hadji Omar. La nombreuse famille des Tall en constitue les relais au Soudan et au Sénégal. Les marabouts peuls et toucouleurs du Fouta Djallon guinéen, du pays Djerma nigérien, un grand nombre d’évolués de Dakar et des pays soudanais le reconnaissent comme «directeur de conscience», peut-on lire dans un extrait des «Archives Nationales Paris». Sa sagesse et son expérience avaient fait de lui un chef religieux influent et respecté. Après une vie remplie, Thierno Seydou Nourou Tall est rappelé à Dieu le 25 janvier 1980 à l’âge avancé de 116 ans.

La disparition de Thierno Seydou Nourou Tall, laisse orpheline la communauté musulmane, et singulièrement les fidèles répandus entre le Sénégal et la Mauritanie et sur lesquels, il exerçait une grande autorité spirituelle la communauté. La famille omarienne confiera le khalifa à Thierno Mountaga Tall. Petit-fils d’El Hadji Omar Tall, Thierno Mountaga est l’auteur d’un livre de deux tomes consacrés sur la biographie de son grand père El Hadji Omar Tall. L’objectif d’ériger une grande mosquée d’El Hadji Omar a été réalisé sous son khalifat. Parmi les enfants de Thierno Mountaga Tall, les plus connus sont Madani Tall et Thierno Seydou Nourou Tall Imam de la Grande mosquée omarienne de l’avenue El Hadj Malick Sy à Dakar. C’est le vendredi 12 janvier 2007, jour de recueillement et de prières pour les musulmans du monde entier que Thierno Mountaga Tall, khalife de la famille omarienne a été rappelé à Dieu dans sa 92e année après avoir passé 27 ans à la tête la famille Omarienne. Thierno Habibou Tall lui succéda avant de céder le khalifa à Thierno Mouhamadou Bachir Tall ibn Mountaga Daha Tall de Louga.

Sur les pas de Tafsir Ahmadou Baro Ndieguene

L e foyer de Cheikh El Hadji Ahmadou Baro Ndiéguène de Thiès est l’un sanctuaire à maintenir, comme l’année dernière, son Mawlid à l’image de Thiénaba et Ndiassane ou encore Médina. Tafsir Ahmadou Baro Ndiéguène, son fondateur a célébré son premier Maouloud en 1887 dans la ville de Thiès. L’événement religieux sera également marqué par la «wazifa», la lecture du saint Coran, le recueillement auprès des mausolées des vénérés Cheikh de la famille de El Hadji Ahmadou Barro Ndiéguène, fondateur de ce sanctuaire de l’islam. Les fidèles auront également droit à des causeries religieuses axées sur la vie et l’œuvre du Prophète Mouhamed (PSL). Des causeries religieuses axées sur la vie et l’œuvre du Prophète Mouhamed (PSL) seront également au programme

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