
Face à Alain Foka, le président du PDCI-RDA livre sa version des démêlés avec le pouvoir ivoirien et révèle qu’Alassane Ouattara lui avait promis de ne pas briguer un nouveau mandat à la présidence

Dans une interview exclusive accordée à Alain Foka sur Afromédia, l’ancien CEO de Credit Suisse et président exécutif du PDCI-RDA, Tidjane Thiam, brise le silence sur son exclusion de la course présidentielle ivoirienne d’octobre 2025. Face aux accusations, il contre-attaque et révèle les dessous de ses relations avec le président Alassane Ouattara.
Tidjane Thiam confirme se trouver à l’étranger, évoquant des menaces d’arrestation qui lui auraient été transmises par « des voies autorisées ». « Si ton frère met le pied en Côte d’Ivoire, il sera arrêté immédiatement », rapporte-t-il, citant les propos tenus à son frère Augustin.
L’homme d’affaires dénonce également les zones d’ombre autour de sa nationalité ivoirienne, que le gouvernement qualifie d’être « en sommeil » – « un concept inconnu de tous les juristes », selon lui.
Le moment fort de l’interview survient lorsque Thiam révèle le contenu d’une conversation privée avec Alassane Ouattara en août 2022. « Il m’a regardé dans les yeux, il m’a dit ‘Mais moi j’ai fini, ce problème de 3e mandat, et je ne serai pas candidat' », déclare-t-il, ajoutant que cette promesse l’avait encouragé à briguer la magistrature suprême.
Face aux accusations selon lesquelles il aurait promis de ne pas être candidat, Thiam rétorque : « C’est pas moi le menteur. C’est pas moi le menteur ».
Concernant l’article 48 du code de nationalité qui lui est opposé, « Je le connaissais pas », avoue-t-il avant de se défendre : « En 64 ans, cette loi n’avait jamais été appliquée. Comment vous voulez que quelqu’un puisse imaginer qu’elle le sera ? »
Il dénonce un « acharnement » et affirme qu' »une équipe d’à peu près 10 juristes a fouillé le droit ivoirien pour trouver un moyen de m’éliminer ».
« Je ne suis le candidat de personne »
Réfutant catégoriquement les accusations d’être le « candidat de Paris », Thiam rappelle son parcours et ses positions passées. « Tous les Ivoiriens savent toute ma vie je me suis battu pour la Côte d’Ivoire », martèle-t-il, évoquant ses actions à la tête de la DGX où il avait licencié 141 expatriés sur 150.
« Je suis pour la Côte d’Ivoire. Chaque fois que la France fera des choses qui sont dans l’intérêt de la Côte d’Ivoire, ça ira », précise-t-il.
L’ancien banquier revendique une expertise distincte de celle du président sortant. « J’ai été 11 ans patron de Fortune 500 », souligne-t-il, opposant son parcours d’entrepreneur à celui de « fonctionnaire international » d’Ouattara.
Malgré son exclusion, Thiam affirme conserver un soutien populaire massif. « J’ai eu 132 000 parrainages monsieur Foka. Ça fait 3 mois que je suis pas retourné dans mon pays », revendique-t-il, y voyant la preuve de l’aspiration des Ivoiriens à « une alternance ».
Sur les relations avec les pays voisins dirigés par des juntes militaires, Thiam prône l’apaisement : « On doit dialoguer avec ces gens-là. On doit les écouter, on doit leur parler. Ça ne mène à rien. On peut pas faire une forteresse Côte d’Ivoire ».


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