«Il y a une véritable économie du Ramadan au Sénégal…», Ousmane Sy Ndiaye, Unacois

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Cette affirmation sans ambages est de Ousmane Sy Ndiaye, Secrétaire permanent de l’Unacois. Selon les commerçants, le Ramadan induit un regain d’activités économiques sur presque tous les produits et services.

Ousmane SY NDIAYE -Secrétaire permanet de l'UNACOIS-JAPPO (Union Nationale des commerçants et industriels du Sénégal)
Ousmane SY NDIAYE -Secrétaire permanet de l’UNACOIS-JAPPO (Union Nationale des commerçants et industriels du Sénégal)

Pour les commerçants de l’Unacois, le Ramadan est un des temps forts les plus importants de l’année avec la Tabaski et les fêtes de fin d’année. En effet, durant cette période qui commence deux mois avant, il faut avoir le nez creux pour faire de bonnes affaires. Pour se rendre compte que le Ramadan est proche, il faut aller au Port de Dakar. Principal poumon économique du pays, le port connaît un regain d’activité à moins de six semaines du Ramadan. «Le flux de bateaux est incessant. Les commandes débarquent à un rythme effréné, car les commerçants constituent leurs stocks. Ils les renflouent et préparent le dispositif de distribution. Il y a une sorte d’euphorie dans le secteur du commerce. Des produits comme le riz, l’huile, le sucre, le lait, le beurre, les dattes et d’autres sont principalement concernés», confirme Ousmane Sy Ndiaye, Secrétaire permanent de l’organisation commerçante.

Le marché s’ajuste, surtout les produits alimentaires, durant le mois de Ramadan. Une forte demande de la part des consommateurs qui fait naître naturellement une tension sur le marché et crée une inflation sur les prix. C’est la loi de l’offre et de la demande, confirme M. Ndiaye. «Les prix des denrées de première nécessité connaissent une légère augmentation du fait d’un rush, d’une demande brutale simultanée sur nombre de produits, comme le lait, la viande et au poisson. A chaque mois de Ramadan, on observe sur le marché une hausse du prix de la viande et une rareté du poisson. Mais, c’est une inflation transitoire et momentané, parce qu’on observe aussi tout le cycle de baisse et de reprise normale des prix dès qu’on annonce la Korité», relativise-t-il.

Contrairement à ce que cette situation pourrait laisser envisager, à la fin du Ramadan, les poches du consommateur ne vont pas souffler du tout, car ce qu’il va économiser sur l’alimentaire, il va le perdre sur des produits comme le vestimentaire. Tout ce qui est textile qui vient d’Inde, d’Asie en général et, dans une certaine mesure, les pays scandinaves qui approvisionnent le pays en Bazin. Il y a une très forte demande autour de l’activité des tailleurs artisanaux qui croît également durant le mois de Ramadan.

«De manière scientifique, on n’a pas, jusque-là, mesuré le phénomène, en ce qui nous concerne, au niveau de l’organisation. Mais traditionnellement, nous avons une lecture assez précise des niveaux de demande sur le marché, quel que soit le produit. Sur l’alimentaire en général, la demande pour les produits couramment consommés, que ce soit les céréales tels que le riz, ou l’oignon, les fluctuations provoquées par cette grosse demande sont de l’ordre de 15 à 20%, voire 25%», souligne notre interlocuteur.

Il renseigne que le sucre remporte la palme en termes d’augmentation des volumes au niveau des membres de l’Unacois. La consommation mensuelle hors Ramadan tourne autour de 15 000 tonnes par mois. Durant le mois béni, il y a le café, le thé, la bouillie, le lakh, les jus, les pâtisseries… autant d’aliments, avec une très forte consommation de sucre. Il y a aussi le lait, le riz… On passe assez facilement du simple à un peu plus de 50% de ce que l’on consomme d’habitude.

«Je pense même qu’il y a une véritable économie du mois de Ramadan. C’est une période de forte demande aussi bien en matière de trésorerie, de produits alimentaires, comme non-alimentaires, aussi en matière de services…», analyse l’intello de l’Unacois.

source : Réussir Business

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